"Tiens, j'ai le front de plus en plus haut..."

A 20, 30, 40 ans et plus, bien des hommes font ce constat et douze millions seraient même concernés en France. « Ils observent d'abord un éclaircissement au niveau des golfes temporaux avec éventuellement l'apparition d'une tonsure, suivi d'un recul de la lisière frontale avant une stabilisation autour d'une simple couronne de cheveux », explique le Dr Richard Mazharian, dermatologue.
A chaque étape, un petit travail de deuil s'impose : celui de la jeunesse, de la séduction, voire de la virilité. C'est ainsi que beaucoup le vivent mais, bien sûr, ils peuvent être jeunes, beaux, virils... et dégarnis ! Les plus convaincus se rasent d'ailleurs complètement la tête. Quant aux autres, ils prennent le problème à bras-le-corps et luttent contre la chute grâce à des traitements toujours plus efficaces.

 Des cosmétos pour prévenir

Shampooings fortifiants, lotions tonifiantes, compléments alimentaires... On trouve beaucoup de choses en vente libre à la pharmacie. « Recourir à ces produits de soin, c'est un bon réflexe », reconnaît le Dr Mazharian.

 Des cocktails dopants

D'après lui, « on a tout à gagner à avoir les cheveux propres et lavés régulièrement avec un shampooing doux pour éliminer l'excès de sébum. De même, en frictionnant le cuir chevelu deux ou trois fois par semaine avec une lotion, on accélère la circulation sanguine et on dope les racines. La prise de vitamines permet de compenser une alimentation carencée. » Et plus on s'y prend tôt, mieux c'est. « L'idéal reste de consulter un dermatologue avant d'être vraiment dégarni, les traitements d'appoint ne suffisant pas toujours », souligne l'expert. Le mieux ? De la vitamine B : elle dope le capital cheveux. Mais il est préférable d'associer des vitamines B6, B9 et B5 avec du sélénium et du zinc. Selon l'âge et le sexe, le dermatologue détermine le bon dosage.

 Des ordonnances para-chute

En cas de chute avérée, c'est-à-dire lorsque plus d'une dizaine de cheveux restent sur le peigne quand on se coiffe, on a tout intérêt à combiner la prise de compléments alimentaires avec l'application locale de minoxidil à 5 %. Un produit délivré uniquement sur ordonnance.

Deux traitements qui ont fait leurs preuves
Cette molécule est connue pour retarder le vieillissement précoce du bulbe et relancer la circulation au niveau des follicules pileux. Seule contre-indication : une insuffisance cardiovasculaire.
Autre molécule dont l'efficacité a été prouvée au cours des dernières années, le finastéride. Son avantage ? On ne lui connaît pas d'effets secondaires majeurs, ou très marginalement sur la libido (moins de 2 % des hommes traités ont constaté un effet négatif sur ce plan-là). Dans les six mois qui suivent la prise quotidienne de cette molécule, la chute est nettement ralentie et l'on observe parfois une repousse, ce qui permet, à terme, de retarder l'installation de la calvitie de douze à quinze ans. Mais dès que l'on arrête le traitement, les cheveux risquent de retomber.

 Prévoir la calvitie et suivre son évolution

L'hérédité est responsable à 80 % de la chute définitive des cheveux selon les dernières études sur le sujet. On parle d'un phénomène androgénétique essentiellement provoqué par les hormones mâles.

Comment ça se passe ? A côté de chaque bulbe sur la zone frontale, se situe un petit

récepteur extrêmement sensible à l'enzyme 5-alpha-réductase produite par les hormones. Chez certains sujets, cette enzyme est plus active et raccourcit la durée de vie du cheveu qui repousse de plus en plus fin.

Pour en savoir plus il faut faire appel aux techniques du trichogramme ou du tout nouveau vidéotrichogramme utilisés dans les centres spécialisés. Lorsque l'examen révèle la présence d'un halo rouge à la base des cheveux ainsi que des bulbes atrophiés après extraction, la chute est à prévoir dans les trois mois.

L'évolution de la calvitie est classifiée en sept stades. Au premier, le front commence à se dégarnir. Au stade 4, les golfes temporaux-frontaux se sont creusés et étendus vers le sommet du crâne, et un début de tonsure apparaît. Au stade 6, les zones d'alopécie se sont rejointes et la tonsure accentuée. Au stade 7, la chevelure est réduite à une simple couronne sur les tempes et la nuque.

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